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Peau de poisson

Peau de poisson

Accompagnement artistique : Greta Boato

à paraître en février 2025 aux éditions de l'Aigrette

 
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Greta Boato

 

Libre Circulation, Zeste 2019

Ilot poétique,

L'Harmattan, 2003

Extraits :

Je suis le terreau fertile de tous les sang-mêlé,

je suis l’empreinte mordorée sous les pas fuyants d’esclaves,

racine galopante pour la lueur des nuits blanches,

carbet dressé à l’aube de la forêt ténébreuse.

Je suis le zombi des luttes vagabondes,

le balancement frivole sur le sable criant,

le déhanchement sourd des corps enchevêtrés.

Je suis le bakoua des visages rayonnants,

l’ivresse renouvelée à force de rhum,

le rocou des fils de la forêt,

l’éclat farouche du karacoli.

Au cœur des plantations aux mille arômes,

dans les mangroves aux mille couleurs,

qui vous dira ce qu'est le métissage,

qui vous guidera sur le chemin des mornes

qui n'en peuvent plus de se languir ?

Case Pilote, éditions de l'Aigrette, 2017

Extraits :

Sur le frêle gommier
qui nous menait
au détriment de l’ennui
quelques vagues solitaires
ressac irrégulier
N’avions-nous pas déjà subi
l’éraflure du temps
tous les lendemains discrets
aux portes de l’ivresse ?
Déjà, nous courions pieds-nus
à travers les mangroves d’espoir
mangroves murmurées
racines saturées
de larmes fugitives
et d’absence

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Des mots pour le dire...

Interprétation : Natali Reic

 

Bacchanales n°62, 2019

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Numéro 2

Miroirs / Miwa 2018

Fidji 

Editions de l'Apla (épuisé), 2002

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Ouatamalou

la Bartavelle éditeur, 1999 (épuisé)

Prix Blaise Cendrars 2001

Société des Poètes Français

Extraits :

Ouicou ! Ouicou !

C'est le breuvage sacré.

Ouicou ! Ouicou !

C'est le moment où l'enfant devient homme,

où l'homme devient guerrier,

où le guerrier devient père.

Ouicou ! Ouicou !

Les yeux s'éclairent, les corps s'agitent,

au milieu du village, le carbet s'enivre.

Tous savent. Tous savent !

Tous savent et voient déjà le jour

où le fils apprendra à son fils

à devenir lui-aussi un homme

lui-aussi un guerrier

lui-aussi un père. 

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Vivant(e)s

Anthologie poétique 2021

Editions de l'Aigrette

Des textes de : Jean-Albert Guénégan, Laetitia Extremet, Lydia Padellec, Jean d'Amérique, Corinne Le Lepvrier, Agnès Cognée, Marc Alexandre Oho Bambe, Sabine Venaruzzo, Maud Thiria Vinçon, Mikaël Saint-Honoré, Barbara Bigot-Frieden, Jos Roy, Cédric Merland, Sandra Lillo, Perle Vallens, Nicolas Vargas, Elisa Darnal, Stéphanie Quérité, Margot Darvenne, Bernard Perroy, Adeline Miermont-Giustinati, Rim Battal, Lionel Perret, Guylaine Monnier, Danielle Helme, Jacques Pierre, Cathy Jurado, Michelle Grenier, Didier Gambert, Anne-Marie Joubert Gaillard, Lancelot Roumier.

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Lichen, numéro 3, 2016

Des auteurs et des îles

Editions de l'APLA

(épuisé), 200

Sous mes pieds des herbes folles 

Printemps des Poètes en Drôme, Mirmande

Livre d'artiste numéroté (épuisé), 2016

Extraits :

Un village

une bâtisse

 

C'est toujours

le début

d'une échappée

 

en dehors du temps

  

comme un retour

à l'oreille impérissable

du souvenir

 

 Mirmande

 

à travers tes ruelles

des rires m'ont sussuré

l'inclinaison

d'une saison à venir

   

J'ai questionné les astres

chanté devant la Capitelle

roulé dans l'herbe grasse

de tes champs

 

étais-je sur un chemin ?

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Ephémères (épuisé)

la Bartavelle éditeur 2000

Extraits : 

   J’ai hurlé, crié, pleuré ! Pleuré comme un mioche, chialé comme un loup qu’on égorge ; J’ai hurlé, crié, pleuré et le courage n’est pas venu pour autant car le courage n’est qu’un mot et la vie, elle, bien réelle. Alors j’ai pleuré, crié, hurlé ! Hurlé parce que je n’avais pas le choix, hurlé parce que ma haine est trop grande et mon corps si faible et cette faiblesse, bien prétentieuse…

 Hélas, hurler ne résout rien. Hurler ne sert qu’à se remuer la bile, à se tirer la langue les yeux exorbités sinon une balle dans une tête trop lourde. Poids d’un cœur sans battements, poids de l’âme qui vagabonde, batifolant, mangeant son pain de haine ! Quand viderai-je ce courant nauséeux, quand aurai-je le courage -ou la lâcheté- de jeter la rage par la fenêtre ? Il faudrait redorer l’égout même si l’égout ne se lave pas ! Et moi dans tout ça ? Peu importe ! Peu importe ? Facile à dire…

 Je n’ai pas envie de changer la couleur de ma cervelle, pas envie de récupérer les ordures, pas envie de dire ce qui ne peut me faire plaisir, pas envie vous comprenez, pas envie, un point c’est tout ! Je voudrais m’entendre, oui, ras-le-bol, c’est ça ! Arriver à ne pas arriver, parvenir à ne plus pleurer, crier, hurler ; Retour à la case départ, retour à la vie, volontariat service long pour la source, le devenir de tous les plaisirs, le passé de tous les désires, le présent de tous les délices, l’avenir…j’en ai marre ! Il ne suffit pas de retrouver le départ, il ne suffit pas d’atteindre l’éden, de sortir du nirvana pour y entrer, de chercher ce qui n’a pu être inventé, ce qui ne peut être espéré ou récupéré, de choisir de rester dans le brouillard pour l’éternité même si l ‘éternité, ce n’est qu’un leurre…

 Je vous le demande, Docteur, suis-je fou ? Je veux dire, suis-je déjà fou ou bien l’appréhension de quitter ces couloirs est-elle trop forte pour imaginer autre chose que ces parloirs pleins de malades, pleins de fous, plein de « plein »?

 Je vous en conjure, Docteur, sortez-moi de là et vite ! Extirpez-moi de cette chambre ! Videz-moi de ces cachets et de ces ordonnances ! Libérez-moi de votre insouciance, de ma connivence, de ma peur, de ma haine, de mes pleurs, de mes cris, de mes hurlements…

Fragmentaires

Editions de l'Aigrette, 2016

Extraits :

À Saint-Malo, j’ai su que les choses prendraient une tournure inattendue, grave, voire solennelle.

  « La pluie tombait sur les remparts ! La pluie tombait sur les remparts ! ».

  Diane envoie ces mots obscurs, ces vociférations sorties on ne sait d’où et moi, sur les remparts, je la regarde  s’époumoner,  se transformer,  se dissoudre,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s’éteindre presque. Je l’écoute d’une oreille attentive et terrorisée à la fois car ce n’est pas Diane qui parle mais des voix qu’elle n’arrive pas à tuer. J’aimerais fermer les yeux l’espace d’une seule seconde, ne plus entendre la pluie tomber, Diane et ses fantômes, Sarah et son jazz tonitruant, Zeus et son enthousiasme chronique.

  Je voudrais prendre Diane dans mes bras, lui prédire -le sait-elle?- qu’aujourd’hui est un nouveau départ, lui raconter ces heures tranquilles au milieu des jasmins odorants…

Saint-Malo est un endroit étrange.

Étrange parce que ses murs d’ombre, ses ruelles dangereuses, ses marins imbibés d’alcool, ses tavernes endiablées, ses malouines à vous faire perdre la raison mentent.

  Derrière les façades, toujours la même peur, la couleur unique de ces flots torturés, des canons dressés vers l’azur menaçant.

  Toujours le même malaise.

  Toujours le même désespoir.

  Toujours le même mystère.

  

Une éclaircie dans les ténèbres. Quelques goélands cherchent un bout de ciel, une nouvelle nuit pour des lunes fécondes. Saint-Malo chante au cœur des brises, étreint Diane, respire chaque vague, chaque tourment, chaque pétale. Saint-Malo est Diane, d’ailleurs existe-t-il autre chose ? Voilà pourquoi toutes les nuits se ressemblent et mes jours, eux, transfigurés. Transfiguration, j’ai trouvé ce mot en titubant sur des remparts auréolés d’une nouvelle joie. Transfiguration ?  « Ça ne vaut pas un pet de lapin » me lance Hector d’un air le plus amical possible, et cette cordialité soutenue m’est une offense. L’art, et même ce bouillon d’art corrompu par l’égocentrisme ne souffre d’aucune critique, fut-elle sérieuse. Je suis un artiste, je n’ai aucune idée de ce que je m’évertue à créer et je suis l’être le plus heureux au monde. Hector feint de ne pas l’accepter ? Peu importe ! D’ailleurs, je lui fais remarquer son manque de courage et la raison de sa présence dans ce lieu devenu sacré. « L’art est une solution soluble et vaporeuse », j’ai trouvé cette phrase dans un livre au titre oublié, dans une œuvre picturale abstraite d’un peintre sans le sou. Je ne me souviens plus ni du sujet exact, ni de la pertinence avérée, ce que je sais par contre c’est que tous les artistes sont fous ! Il faut peut-être la moitié d’un héros pour faire une légende, sans doute faut-il la moitié d’un homme pour accoucher d’un avorton mais le profond sentiment d’une vie errante, la mutilation de l’esprit afin de continuer malgré tout, la blessure jamais cicatrisée et l’espoir infini d’accoster une terre clémente sont et seront toujours une condition absolue. Espérance et désespoir, liesse et agonie, rosée du matin et chant funèbre, douleur et réconfort, silence et brouhaha, surdité et perception, sensibilité, clairvoyance, lucidité, solitude, un café serré sans sucre, une file d’attente interminable, billet sans retour avec réservation ou sans réservation du tout. Chaque jour, nuits comprises. Avec la pluie à la sortie d’un cinéma. Avec du soleil sur l’herbe grasse où traînent ça et là des marguerites et des restes de barbe à papa. Restes de joie. Entendre faux parce qu’il existe une réalité poétique derrière l’illusion de ce qui nous entoure. Tous les jours. Seul et avec les autres. Seul ! Enfin presque…pourquoi en est-il ainsi ?

  Si seulement je connaissais la raison, l’origine, la racine et surtout l’aboutissement ! Hector me regarde, feint de ne pas comprendre, trébuche, maudit la terre entière et finalement consent. Hector est un artiste sans le sou mais cela n’a pas la moindre importance. Il n’y a pas d’issue. Le mot aboutissement est un leurre. La vie coule comme une rivière et devient fleuve puis océan, nous n’avons pas d’autre choix que de pagayer encore et encore jusqu’à épuisement. Pagayer à contre-courant. Trouver l’île. Manger le pain bleu de nos jours. Marcher pieds-nus sur le sable blanc. J'aurais pu divaguer longtemps si Hector ne m'avait pas montré une belle pancarte en bois sur laquelle on pouvait lire "La Bolée d'Or". Nous ne nous sommes pas trompés d'endroit. Une autre taverne. D'autres gens. Les mêmes verres pleins, des chants, des cris, des injures, des mots doux. Et dans le cœur, notre cœur d'hommes entravés, la lancinante et désagréable sensation d'avoir trop aimé...

Je suis un paragraphe. Cliquez ici pour ajouter votre propre texte et me modifier. C'est facile.

Mangroves 

Le journal à Sajat (épuisé), 2002

Carnet de ville 

Livre d'artiste avec KinKa, 2000

Poésie Jeunesse

 

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